Création Début 2028
Spectacle tout public à partir de 6 ans
Notre compagnie rassemble des personnes de l’hémisphère sud et de l’hémisphère nord. Ce simple fait géographique et géométrique entraîne des situations et des conversations assez cocasses. Par exemple, être née en mars signifie être née au printemps pour l’une, à l’automne pour l’autre. Noël représente pour l’une un temps chaleureux en famille auprès de la cheminée et tout un imaginaire hivernal, une fête sur la plage en plein été pour l’autre. Avoir sa maison orientée au sud est la panacée pour l’une, la pire des situations pour l’autre… Mais aussi, désigner son pays sur une carte du monde, c’est montrer le centre pour l’une, les lignes gonflées par la projection cylindrique, une zone en bas à gauche, ratatinée par ce même effet de projection, pour l’autre… L’une est issue malgré elle d’une culture forgée par des procédés de colonisations millénaires, l’autre le fruit de l’exil et des colonisations…
Nous n’avons pas le même Nord, nous n’avons pas le même Sud, nous sommes à l’Ouest, totalement désorientées… Nous sommes aux antipodes, dans tous les sens du terme… ou peut-être même sommes-nous des antipodes ?
Car avant de désigner un état géographique, les antipodes sont des créatures anthropomorphes imaginaires qui ont les pieds tournés vers l’arrière, les talons vers l’avant et huit orteils à chaque pied. Ces particularités anatomiques font qu’elles se déplacent plus vite que le vent…
Ces êtres étranges ne sont pas le fruit d’un conte pour enfants. Imaginés dès l’antiquité grecque comme habitants d’un continent hypothétique : l’Antichtone (anti-terre), conçu pour compenser le poids de la terre afin qu’elle reste en équilibre dans le ciel, on les retrouve depuis Pythagore, en passant par Diogène Laerce, Platon, Aristote, Pline l’Ancien, Saint Augustin, etc., et ils auraient été observés par Alexandre le Grand lui-même lors de ses conquêtes ! C’est peu dire ! Ils ont été l’objet de nombreuses controverses philosophiques et théologiques au Moyen-Age et ce continent théorique figurera sur les cartes depuis Ptolémée jusqu’au XIX.ème siècle. Sa quête a stimulé de nombreux voyages d’exploration et découvrir la légendaire Terra Australis sera notamment la motivation des voyages du célèbre capitaine Cook.
Les Antipodes expriment notre désir d’Ailleurs et dans « ailleurs » il y a «aïe »… Ça peut faire mal l’ailleurs, en tout cas ça fait peur. La peur ancestrale de partir et de se perdre au loin dans l’inconnu. Ça attire pourtant aussi. Et surtout, ça nous raconte dans notre nécessité de se projeter là où nous ne sommes pas, de sortir de nous-même, d’ex-sister (ex sistere : se tenir au-dehors) par l’imagination.
De ce point de vue, les Antipodes sont notre horizon, ils sont en-dehors des limites de notre monde connu, hors-cadre, sub-liminaux (sous la limite), ou mieux, ils expriment et questionnent les frontières de notre monde connu et nous invitent à les transgresser, à aller voir ailleurs si on y est…
En partant à la recherche de ces êtres fabuleux que sont les antipodes, peuple des zones d’ombres de la carte, les terra ultra incognita, les angles morts de l’humanité, nous nous proposons dans cette nouvelle création de questionner la manière de construire notre image du monde, de le parcourir, le désigner et de nous y situer. Cette image est toujours une construction culturelle, indissociable de l’Histoire et pétrie de préjugés autant que de rêves.
Convoquer et explorer ces figures des Antipodes nous semble bienvenue à une époque qui cristallise les débats politiques sur la questions des migrants et se fige sur les questions galvaudées d’identité et de territoire. Cela nous semble être une question des plus pertinentes et actuelles également quand on voit pulluler les théories platistes, relayées par les hordes de satellites en orbite autour de notre terre, une contradiction qui laisse bouche bée…
Questionner notre représentation du monde c’est aussi questionner les notions de frontières, de limites, de territoire, d’identité, de genre, la question de l’eurocentrisme, ses truismes et ses contradictions… Car nous sommes tous connectés avec nos antipodes, au sens propre comme au figuré, de manière plus ou moins consciente, ne serait-ce que lorsqu’on mange une banane ou qu’on utilise un objet produit en Chine…
Pour le dire simplement, les Antipodes, avec leurs pieds à l’envers, servent à nous remettre les nôtres à l’endroit, et les idées avec…
Création en résonances France / Uruguay
Pendant 2 années à partir de janvier 2026, nous allons alterner des périodes de recherche au plateau et des temps rencontres exploratoires avec divers groupes et divers publics enfants et adultes de Haute-Ariège dans le cadre d’une résidence de création en territoire.
Le spectacle « Antipodes » sera le fruit de ces rencontres, partages, glanages et constructions avec les habitants. Ensemble, nous ferons des recherches autour de l’imaginaire des Antipodes, nous ferons de la marche à l’envers une véritable dé-marche, nous apprendrons à perdre le Nord et autres extrapolations.
En parallèle de notre démarche en Haute-Ariège, nous mènerons une exploration similaire aux antipodes : en Uruguay, de sorte que nos actions ici auront une incidence là-bas et inversement.
L’équipe artistique de la Cie Efimero Teatral sera en création en même temps d’un spectacle sur les mêmes thématiques abordées depuis leur point de vue géographique et culturel. Certaines scènes du spectacle créé en Uruguay seront intégrées dans le spectacle crée en France et inversement.
Au cours de l’année 2027, une partie de l’équipe d’Uruguay viendra lors d’une période de résidence d’un mois faire le regard extérieur sur notre création et nous irons faire de même sur la leur en Uruguay où serons également menés des ateliers et des actions en territoire.
A terme, les deux spectacles créés en résonances pourront entrer en écho, en dialogue, ou peut-être en contradiction…
De ce processus en correspondance naîtra également une exposition itinérante des rencontres visuelles, sonores et plastiques entre la Haute-Ariège et l’Uruguay.
Le processus de création
Expérimentations collectives
– Ateliers de recherches picturales sur la représentation des antipodes et explorations inspirées de l’univers plastique de l’artiste uruguayen Joaquín Torres García.
2 – Concert des parcours sonores réalisés avec les habitants et transformés en partitions musicales jouées par des musiciens du collectif Freddy Morezon.
3 – La dé-marche des Antipodes : Promenade en marche arrière dé-guidée par une accompagnatrice de montagne et dé-jouée par des musiciens du collectif Freddy Morezon.
L’Equipe
En France :
Écriture, conception et jeu : Ivon Delpratto, Céline Schmitt, Sarah Darnault
Regard extérieur : Mélodie Pareau
Construction : Ivon Delpratto, Céline Schmitt, Benoît Fincker
Musique et composition sonore : Sébastien Cirotteau, Céline Schmitt et la participation de Delphine Joussein et les musiciens du collectif Freddy Morezon.
Création vidéo : Eric Massua
Photo : Quentin Delahaye
Administration/Production : Anne Maurice
En Uruguay:
Création artistique : Cie Efimero Teatral : Analía Torres, Martin Garcia, Laura Leifert
Coordination des actions en territoire : Graciela Acerbi, Ana Duboué
Photographie : Mariela Benítez
Partenaires et soutiens
En France :
Coproduction :
– Ax Animation (09) – Fond Leader, résidence de création en territoire
– VéloThéâtre (84)
Accueil en résidence :
L’Estive-Scène Nationale de Foix et de l’Ariège
Marionnettissimo
Soutiens :
– Région Occitanie – Aide à la résidence en territoire
– DRAC Occitanie – Aide à la Création 2027 (à confirmer)
– Département de l’Ariège – Aide à la création
– Institut Français – PIDA (à confirmer)
En Uruguay :
– INAE (Institut National des Arts Scéniques)
– EMAD (Ecole d’art dramatique de Montevidéo)
– CINEDUCA (Ministère de la Culture et de l’Education)
Cette création est soutenue par le fond LEADER, la DRAC-Occitanie (Aide au projet 2027), la Région Occitanie (Aide à la création en territoire 2026), le conseil Général de l’Ariège.





